Moyens aériens utilisables en photo aérienne

 

Avion, ballon captif, hélicoptère, montgolfière, ULM, mat télescopique, drônes, tout ce qui permet de mettre en hauteur un appareil photo peut en théorie être utilisé pour réaliser des photographies aériennes.  Dans la pratique, tous les vecteurs ne se valent pas, chacun d'entres eux à des caractéristiques propres qui le rendent plus ou moins bien adapté en fonction de paramètres tels que :

 

L'hélicoptère

Photo aérienne - Hélicoptère

Plus de 95% de nos prises de vues sont réalisées en helicoptere. L'hélicoptere est de très loin, le meilleur outil disponible en prises de vues aériennes, et, contrairement à une idée reçue, l'helicoptere n'est pas forcément le plus coûteux.

L'hélicoptère permet des prises de vues avec plus de précision et de sécurité que l'avion ou l'Ulm grâce à sa capacité à voler très lentement et au besoin très bas en toute sécurité. Sa maniabilité pour placer le photographe au point de vue idéal pour sa photo est incomparable. Dans certains cas, c'est  le seul vecteur utilisable (vues à très basse hauteur, à proximité du relief, ou à des vitesses très lentes,  ou encore en prise de vues vidéo).

L'hélicoptère est l'outil le moins sensible aux mouvements thermiques de l'air qui sont les plus forts au moment de la journée ou la lumière est idéale pour la photographie (11H00-15H00) c'est aussi le vecteur le moins sensible au vent. Du point de vue de l'ensoleillement, les journées de météo idéales sont comptées, en particulier dans certaines régions avec des vents de 40 à 50 km/h. Dans ce cas de figure l'hélicoptère travaille sans difficultés, l'avion ne travaille plus dans de bonnes conditions et l'ULM ou les ballons captifs restent au sol.

Une heure de vol en hélicoptère coûte plus cher qu'une heure de vol de n'importe quel autre vecteur aérien. Il est pourtant toujours le vecteur le plus utilisé par les professionnels de la prise de vue aérienne pour une raison simple : une efficacité en terme de ratio photo réalisée par heure de vol sans comparaison possible. L'hélicoptère est près de 3 fois plus efficace que l'avion, de 4 à 5 fois plus efficace que l'ULM, et jusqu'à 10 à 12 fois plus efficace que les systèmes à base de ballons captifs ou de drônes. Au final, il permet d'obtenir en plus de meilleures photos, un prix à la photo réalisé souvent des plus compétitifs.

 

L'avion

Photo aérienne - Avion

L'avion est idéal pour la réalisation de vues verticales sur des étendues importantes grâce à sa stabilité, son habitabilité  et sa vitesse d'évolutions. Les prises de vues verticales servant de base à la cartographie ou il est nécessaire de photographier des centaines ou milliers de Km2 sont ainsi exclusivement faites en avion. Pour la réalisation de vues obliques, l'avion rempli correctement cette fonction à condition d'être de type à ailes hautes, et pour des photos dans des régions à faible relief avec un vent limité. L'Avion, dans le domaine des vues obliques reste ainsi moins efficace qu'un hélicoptère.

 

L'ULM

Photo aérienne - ULM

Nous utilisons l'Ulm quand il est mieux adapté que l'hélicoptère mais cela reste relativement ponctuel. Le plus gros handicap de l'ULM est de ne pas pouvoir être utilisé sur les zones urbanisées. Appareil non certifié, il est exclu des indispensables dérogations de survol d'agglomérations ou de rassemblement de personnes. De part son faible poids il est très sensible aux conditions de vents et devient très rapidement inadapté pour des prises de vues au delà de 20 à 30 km/h de vent, en particulier dans les régions montagneuses ou vallonnées.

Les pendulaires, les paramoteurs et les appareils sans cabine fermée sont à exclure (risque de perte de matériel en vol, impossibilité de changer un objectif en vol ou de consulter des notes, plans ou cartes du fait du vent relatif).

En savoir plus sur l'ULM en photo aérienne

 

Le ballon captif ou Zeppelin

Photo aérienne - Ballon captif

Le ballon captif est une technique récente qui consiste à fixer sous un ballon captif un appareil photo déclenché depuis le sol en effectuant les cadrages à l'aide d'un retour vidéo au sol. Le ballon captif est très séduisant « sur le papier» mais il ne peut remplacer les moyens traditionnels comme l'avion ou l'hélicoptère, il n'est en fait intéressant, que pour des applications très spécifiques (photos de l'intérieur d'un bâtiment élevé, prise de vue d'un détail très rapproché d'un bâtiment tel qu'une corniche ou une statue, ou encore pour  inspecter les défauts d'un ouvrage d'art). Dans la pratique nous l'utilisons moins de 2 fois par an, car confronté aux réalités opérationnelles, le ballon captif est l'outil qui impose le plus de contraintes : impossible à utiliser correctement dès 15 à 20 KM/h de vent (dangereux en zone urbaine ou à proximité de lignes électriques ou d'antennes qui représentent autant de risques d'accrochage), mise en œuvre longue : près de 10 fois moins rapide que l'hélicoptère donc au final aussi coûteux voir plus, nécessité de pouvoir entrer dans des propriétés privées voisines du site à photographier pour avoir le recul nécessaire ce qui n'est pas toujours possible, altitude de vol plafonnée à 150 mètres qui impose souvent des objectifs grand angles déformant les perspectives, autorisations préalables à obtenir au cas par cas, charge utile du ballon relativement faible qui limite le type d'appareil photo emporté etc…

En savoir plus sur le ballon captif en photo aérienne

 

La montgolfière

Photo aérienne - Montgolfière

Un vol en montgolfière est quelque chose d'exceptionnel, la vitesse d'évolution lente, souvent proche du sol et la facilité pour prendre des photos depuis la nacelle permettent souvent de réaliser de superbes images des paysages survolés. Pourtant c'est un des vecteurs les plus incompatibles avec la prise de vue aérienne professionnelle. La Montgolfière impose des vols tôt le matin ou tard le soir (donc aux plus mauvaises heures pour la photo), elle nécessite 3 personnes au minimum pour être mise en œuvre et surtout elle va ou le vent la mène avec une maniabilité très réduite (impossible par exemple de tourner autour d'un village pour le photographier sur plusieurs angles). La photo aérienne réalisée sur commande nécessite de pouvoir survoler facilement et rapidement ce qui doit être photographié, et ce aux heures ou le soleil est le plus proche du zénith pour permettre des vues sur 360° sans avoir trop d'ombre sur certains cotés : exactement le contraire de ce que peut faire la montgolfière.

 

Les drônes

L'utilisation de drônes pour des photographies aériennes est quasiment impossible en France du fait d'une réglementation très restrictive justifiée par le souci de la sécurité des tiers survolés et d'éviter tout risque de collision avec des aéronefs habités.

Les drônes sont ainsi toujours exclus du survol de zones habitées, ils ne peuvent valablement être utilisés qu'en campagne mais avec des contraintes importantes telles que la nécessité d'informer avant tout vol les autorités avec un délai pouvant atteindre dans la pratique plusieurs semaines.

L'utilisation à des altitudes supérieures à 150 mètres, ou dans les espaces aériens règlementés (proximité d'aéroport par exemple) imposent de nombreuses contraintes supplémentaires.

À noter que la plupart des drônes civils sont des appareils d'aéromodélisme qui ont une charge d'emport très faible excluant des appareils de prise de vue professionnels. Les drônes les plus performants étant de part leur coût (le plus souvent supérieur à un avion réel) réservés aux applications militaires.

Télécharger la réglementation sur les drônes en France

 

Le mat télescopique

Le mat télescopique permet des prises de vues sur de très très basses hauteurs, généralement à 15 ou 20 mètres du sol au maximum. Parfait pour des vues de détail d'un bâtiment (détail architectural d'une corniche à obtenir en gros plan, surveillance de fissures sur un ouvrage d'art). Le mat peut convenir pour des prises de vues d'un petit bâtiment comme une maison individuelle mais devient totalement inadapté pour des prises de vues d'un bâtiment important, d'un quartier ou d'un village, le système ne permettant ni le recul ni la hauteur indispensable. C'est en fait plus un accessoire pour photographe réalisant des reportages au sol, qu'un outil pour photographe aérien.