La photo aérienne et la surveillance aérienne par drone
Les drones sont employés depuis de nombreuses années par les forces militaires pour des missions de prises de vues aériennes ou de surveillance. Ils apportent l'avantage d'une discrétion plus importante qu'un avion conventionnel, et évitent d'exposer un équipage aux risques inhérents des zones de conflits. La technologie très sophistiquée des drones militaires et leur coût le plus souvent supérieur aux avions conventionnels les exclue des utilisations civiles.
Ces dernières années sont apparus des drones aux coûts et performances plus réduites qui visent des usages civils de surveillance ou de prises de vues aériennes. Il s'agit souvent d'appareils d'aéromodélisme (avions ou hélicoptères modèles réduits) modifiés de façon plus ou moins élaborée pour pouvoir emporter un appareil photo ou une caméra.
L'évolution à venir de ces appareils est intéressante, elle apporte déjà aujourd’hui des solutions là, où les moyens conventionnels ne peuvent intervenir (inspection des détails ou anomalies d'un ouvrage d'art à très faible distance, ou intervention dans des zones très éloignées ou aucun vecteur traditionnel n'est disponible : cas de certaines expéditions scientifiques par exemple). Mais proposer aujourd'hui de réaliser des travaux de photo ou de surveillance aérienne à l'aide d'un drone en France sous le simple argument d'un coût plus faible que les avions ou les hélicoptère traditionnels est une erreur.
En France, l'utilisation de drones civils est possible mais dans un cadre règlementaire très contraignant pour des raisons évidentes de sécurité, tant vis-à-vis des éventuels tiers survolés que pour les risques de collision qu'ils représentent envers les autres appareils. L'arrêté de décembre 2009 impose que toute mise en œuvre d'un aeronef non habité pour des usages autres que récréatifs ou de loisirs doivent être « portées préalablement par les usagers à la connaissance des services de l'aviation civile qui les présentent aux comités régionaux de gestion de l'espace aérien concernés » Ce qui impose de demander pour chaque vol des autorisations plusieurs semaines à l'avance : souvent incompatible avec les délais du client auxquels s'ajoutent les aléas météo. De plus aucune autorisation n'est délivrée à l'heure actuelle pour des survols par des drones civils de zones habitées ou de rassemblement de personnes or ces zones concentrent la plus grande partie des demandes de photographies aériennes.
Il est faux de croire, comme l'affirment certains qu'il n'y a pas de réglementation en dessous de 150 mètres/sol et que les appareils traditionnels ne peuvent descendre à ces altitudes. Même à très faible altitude, la mise en œuvre d'un drone doit faire l'objet d'autorisations, chaque mois sur le territoire français des milliers d'heures de vol sont effectuées entre 50 et 150 mètres sol par des avions et des hélicoptères traditionnels (surveillance de lignes électriques, de pipe-line, prises de vues aériennes, vols basse altitude d'entraînement militaire, interventions d'hélicoptères de secours et traitement agricole). La charge de travail et la proximité du sol de ces missions ne permettent pas à l'équipage d'assurer une surveillance extérieure suffisante pour garantir l'évitement d'un drone car ces derniers de par leur faible taille sont quasiment invisibles en vol. Ainsi, mettre en œuvre un drone sans qu'une autorisation préalable ait permis d'informer par Notam les autres usagers de l'espace aérien est une pure folie, les conséquences en cas de collision avec un autre aéronef ou en cas de chute sur une personne au sol pouvant s'avérer catastrophiques entrainant des responsabilités pénales extrêmement lourdes pour l'opérateur du drone concerné.
Au-delà d'une réglementation restrictive, la mise en œuvre de drones se heurte à d'autres difficultés, malgré toute l'ingéniosité technique dont bénéficient certains modèles, des limitations techniques sont encore loin d'être résolues :
En photographie aérienne, la charge utile de la plupart des drones civils est très faible, elle exclue de ce fait l'emport d'appareils de prises de vues professionnels. D'où à l'arrivée toujours un résultat très inférieur à ce que peut réaliser un vrai photographe depuis un vrai hélicoptère ou un vrai avion.
En surveillance aérienne, outre l'autonomie de vol réduite, se pose le problème de la fiabilité de la détection des anomalies. Les drones civils ont des moyens de capture d'image très éloigné de ceux du domaine militaire. Pour nombre de travaux d'observations, le drone reste actuellement à un niveau d'efficacité très inférieur à celle d'un observateur embarqué dans un vecteur traditionnel.
Télécharger la réglementation sur les drones et les aeronefs non habités en France
D'autres moyens pour réaliser des photos aériennes :